Barème points permis : ce que chaque conducteur de deux-roues doit savoir avant de prendre la route

Barème points permis : ce que chaque conducteur de deux-roues doit savoir avant de prendre la route

Pourquoi les points de permis, ça concerne encore plus les motards et scootéristes

En voiture, une erreur pardonne parfois. En deux-roues, beaucoup moins. On est plus exposé physiquement, mais aussi administrativement : la plupart des grosses erreurs qu’on fait à moto ou en scooter sont justement celles qui coûtent le plus de points.

Entre les accélérations faciles, le slalom dans la circulation, l’oubli du clignotant parce qu’on a les gants, le téléphone coincé dans le casque, ça peut aller très vite… côté plaisir comme côté sanctions.

Le but ici n’est pas de faire la morale, mais de te montrer, noir sur blanc :

  • Combien de points tu risques pour chaque type d’infraction
  • Pourquoi les conducteurs de deux-roues sont particulièrement concernés
  • Comment récupérer des points intelligemment (et éviter de perdre ton permis)
  • Quelques astuces concrètes pour garder tes points sans rouler comme un papy

Tout ce qui suit est basé sur le barème officiel du Code de la route (en vigueur à l’heure où j’écris), et sur ce qu’on voit tous les jours sur la route et en atelier.

Petit rappel : comment fonctionne le permis à points

En France, le permis est crédité de points. Quand tu commets une infraction avec retrait de points, tu descends jusqu’à… 0. Et à 0, c’est la perte du permis.

Les bases :

  • Permis “classique” : 12 points maximum
  • Permis probatoire (jeunes conducteurs, ou après annulation) : 6 points au départ
  • Perte de points : de 1 à 6 points par infraction (8 max en une seule fois si plusieurs infractions graves en même temps)
  • À 0 point : invalidation du permis, lettre recommandée (48SI), obligation de repasser le permis

Pour un motard ou un scootériste, le gros piège, c’est qu’on peut cumuler très vite : un bon gros excès de vitesse + téléphone + ligne continue, et ton capital dégringole en une seule sortie.

Les excès de vitesse : le piège numéro 1 en deux-roues

Tu as un moteur qui monte vite, pas de ceinture, souvent une sensation de vitesse atténuée par le casque, et la tentation de “se faire plaisir” entre deux ronds-points… C’est la combinaison idéale pour collectionner les excès de vitesse.

Voici le barème principal pour les excès de vitesse :

  • Moins de 20 km/h au-dessus de la limite
    –1 point (si la vitesse limite est supérieure à 50 km/h, par exemple 90 → 104)
    → Amende forfaitaire 68 € (135 € en agglomération)
  • De 20 à 29 km/h au-dessus
    –2 points
    → Amende forfaitaire 135 €
  • De 30 à 39 km/h au-dessus
    –3 points
    → Amende 135 € + possibilité de suspension de permis
  • De 40 à 49 km/h au-dessus
    –4 points
    → Amende 135 € + suspension possible jusqu’à 3 ans
  • 50 km/h et plus au-dessus
    –6 points
    → Délit, rétention immédiate du permis possible, immobilisation du véhicule, suspension lourde

En deux-roues, les cas les plus fréquents que je vois :

  • Le “petit” dépassement à 70–80 km/h sur une portion à 50 en ville : déjà 2 ou 3 points
  • Le bout de voie rapide à 110–130 au lieu de 90 avec un 300 cm³ : 2 à 3 points faciles
  • Les “gros” excès sur sportive ou maxi-scooter le dimanche matin : 6 points partis en une mesure

Rappelle-toi qu’un jeune permis avec seulement 6 points peut se retrouver à pied avec deux “gros” excès en peu de temps.

Téléphone, oreillettes, GPS : les points qui s’envolent pour un coup de fil

À deux-roues, on voit de tout : téléphone coincé entre le casque et la joue, SMS au feu rouge, manipulation de GPS au guidon… C’est non seulement dangereux, mais aussi très coûteux en points.

  • Téléphone tenu en main en conduisant
    –3 points
    → Amende 135 €
  • Port d’un kit mains libres interdit (oreillettes, casque audio, écouteurs filaires)
    –3 points
    → Amende 135 €

Attention aussi à cette combinaison :

  • Infraction + téléphone tenu en main : on peut te retenir l’infraction d’origine et le téléphone, et dans certains cas, ça peut aller jusqu’à la rétention immédiate du permis (surtout si l’infraction de base est grave).

En pratique, la meilleure solution en deux-roues :

  • Intercom homologué dans le casque pour la navigation (et seulement pour ça en roulant)
  • Réglage du GPS / appli avant de partir
  • Si tu dois absolument répondre : tu t’arrêtes. C’est tout.

Feux rouges, stop, priorités : les 4 à 6 points qu’on ne voit pas venir

Un classique en scooter surtout : “le feu venait de passer au rouge”, “y’avait personne”, “j’ai juste un peu forcé”. Les forces de l’ordre, eux, ne discutent pas beaucoup sur ce type d’infraction.

  • Franchissement de feu rouge
    –4 points
    → Amende 135 €
  • Non-respect d’un stop
    –4 points
    → Amende 135 €
  • Refus de priorité (à droite, piéton engagé, etc.)
    –4 points
    → Amende 135 €

En deux-roues, le problème c’est que même à 30 km/h, si tu te rates sur une priorité, c’est le choc direct, sans carrosserie. Donc là, le retrait de points reflète assez bien le risque réel.

Petit détail que beaucoup ignorent : les radars de feu rouge flashent aussi les motos et scooters. Et oui, même si ta plaque est petite. Les modèles récents lisent très bien l’arrière des deux-roues.

Circulation inter-files et dépassements : ce qui est vraiment sanctionné

La circulation inter-files (CIF) a été encadrée par une expérimentation, arrêtée puis ré-autorisée sur certains axes et sous certaines conditions dans quelques régions. Mais en dehors des zones et règles prévues, tu peux parfaitement être verbalisé.

Les infractions fréquentes liées au comportement en inter-files ou en dépassement :

  • Dépassement par la droite
    –3 points
    → Amende 135 €
  • Franchissement ou chevauchement d’une ligne continue
    –3 points
    → Amende 135 €
  • Changement de file sans clignotant (défaut de signalisation de changement de direction)
    –3 points
    → Amende 35 à 135 € selon les cas
  • Dépassement dangereux (manœuvre jugée particulièrement risquée)
    –3 points
    → Amende 135 €

En CIF, les comportements qui attirent le plus les contrôles :

  • Rouler beaucoup plus vite que le flux (différentiel de vitesse trop élevé)
  • Passer entre deux files à proximité d’une intersection ou d’un feu
  • S’insérer ou sortir de l’inter-file sans clignotant

Astuce simple pour garder tes points : même en inter-files, considère que tu dois pouvoir t’arrêter net si une voiture change de file sans te voir. Si tu ne peux pas, c’est que tu vas trop vite.

Équipement, plaques, remontées de file : les “petites” infractions qui s’additionnent

Beaucoup de scootéristes et de motards se disent : “C’est qu’une petite amende, pas grave.” Sauf que certaines de ces “bricoles” font sauter des points quand même.

Quelques exemples :

  • Non-port du casque ou casque non attaché
    –3 points
    → Amende 135 €
  • Non-port de gants homologués
    → Amende 68 € (pas de retrait de point, mais ça peut faire mal en cas de chute…)
  • Plaque d’immatriculation non conforme (trop petite, mal posée, inclinée)
    → Amende 135 € (en général sans retrait de points, mais à vérifier au cas par cas)
  • Transport de passager sans repose-pieds ou sans selle adaptée
    → Amende (risque immobilisation), mais en général pas de points

Là où ça devient dangereux pour ton permis, c’est quand tu cumules :

  • Casque mal attaché (3 points)
  • Petite vitesse au-dessus de la limite (1 ou 2 points)
  • Un changement de file sans clignotant (3 points)

Sur une journée, tu peux facilement perdre plus de la moitié de ton capital de points sans avoir “roulé comme un fou” dans ta tête.

Alcool et stupéfiants : le combo qui finit souvent en retrait massif de points

Sur la partie alcool / stupéfiants, le barème est clair et particulièrement sévère. Et à juste titre : en deux-roues, un simple excès de confiance sous alcool ou cannabis peut finir très mal, même à faible vitesse.

Pour l’alcool :

  • Taux entre 0,5 g/L et 0,8 g/L dans le sang (ou 0,25 à 0,4 mg/l d’air expiré)
    –6 points
    → Amende forfaitaire délictuelle 135 € + suspension possible
  • Taux égal ou supérieur à 0,8 g/L
    –6 points
    → Délit avec convocation au tribunal, forte amende, suspension longue, voire annulation
  • Pour les permis probatoires : la limite est plus basse (0,2 g/L), et le risque de perdre la majorité du capital de points en une fois est réel.

Pour les stupéfiants (cannabis, cocaïne, etc.) :

  • Conduite après usage de stupéfiants
    –6 points
    → Délit, suspension, forte amende, casier judiciaire

Beaucoup de gens me demandent : “Avec un seul contrôle alcool ou stup, on peut vraiment perdre tout le permis ?”

La réponse : oui, indirectement. Un seul contrôle peut te faire perdre 6 points d’un coup. Si tu étais déjà descendu à 6 ou moins, tu peux arriver à 0 après prise en compte des pertes précédentes.

Combien de temps pour récupérer ses points (sans faire de stage) ?

Bonne nouvelle : on ne fait pas que perdre des points, on peut aussi en récupérer automatiquement… à condition de rester calme un certain temps.

En résumé :

  • Si tu ne commets aucune nouvelle infraction avec retrait de points pendant :
  • 6 mois : si tu as perdu seulement 1 point → tu récupères ce point
  • 2 ans : pour la plupart des infractions → tu récupères ton capital initial (12 points si tu les avais déjà)
  • 3 ans : si tu as commis une infraction de 4e ou 5e classe, ou un délit → récupération complète au bout de 3 ans sans nouvelle infraction

Attention, ce n’est pas “à partir du jour où tu as été contrôlé”, mais à partir de la date à laquelle l’infraction est devenue définitive (après paiement, ou après jugement si tu conteste).

Pour savoir où tu en es, le plus simple est de demander un relevé intégral de situation de ton permis via le service Télépoints (ou via l’ANTS). Ça évite les surprises.

Le stage de récupération de points : quand ça vaut vraiment le coup

Le stage de sensibilisation à la sécurité routière (qu’on appelle souvent “stage de récupération de points”) permet de récupérer jusqu’à 4 points, dans la limite du plafond de ton permis.

Les points clés :

  • Durée : 2 jours consécutifs
  • Fréquence : 1 stage maximum tous les 12 mois
  • Gain : +4 points max, pas plus que le plafond (12 ou ton capital probatoire)
  • Coût : en général entre 150 et 250 € selon les centres

Quand est-ce que ça vaut le coup, surtout en deux-roues ?

  • Quand tu descends à 6 points ou moins et que tu roules tous les jours (trajet boulot, pro en livraison, etc.)
  • Quand tu as eu une série de petites infractions rapprochées (radars, téléphone) et que tu ne veux pas risquer le coup de trop
  • Si tu es en probatoire et que tu t’es déjà pris un gros excès ou une infraction à 4–6 points

Astuce pratique :

  • Ne fais pas ton stage trop tôt. Idéalement, attends que la dernière perte de points soit bien prise en compte sur ton relevé (sinon tu risques de cramer un stage pour rien).
  • Vérifie avant sur Télépoints ton capital exact, et note la date de « définitivité » de tes infractions.

Permis probatoire : pourquoi les jeunes motards sont en ligne de mire

Si tu es en permis probatoire (A2 récent, B utilisé pour un 125 cm³, ou permis récupéré après annulation), tu commences avec 6 points. Autant dire que tu n’as pas le droit à beaucoup d’erreurs.

Quelques exemples très concrets :

  • Un dépassement de 30 km/h de la vitesse autorisée → –3 points
    Il t’en reste 3. Tu refais juste un téléphone à la main → permis en très gros danger.
  • Un feu rouge grillé → –4 points
    Il t’en reste 2. Le moindre petit excès derrière peut te mettre à 0.

Le piège : la plupart des jeunes motards ont un A2 ou roulent en 125 pour le boulot, les études, etc. Ils sont donc souvent exposés, parfois fatigués, pressés… et contrôlés sur les axes urbains très surveillés.

Si tu es dans cette situation, vraiment, surveille ton capital de points régulièrement, et ne tarde pas à faire un stage si tu descends trop bas. Un permis annulé au début de ta “carrière” de conducteur, ça te complique la vie pendant des années.

Stratégies simples pour garder ses points quand on roule tous les jours

On va être honnête : si tu roules en moto ou scooter tous les jours (taf, trajets urbains, voies rapides), tu finiras probablement par perdre quelques points dans ta vie de conducteur. L’objectif, c’est d’éviter la spirale.

Quelques habitudes qui font vraiment la différence dans la durée :

  • En ville : cale-toi +5 km/h max au-dessus du flux, pas +20. Tu gagneras 30 secondes, pas plus, mais tu éviteras 90 % des petits radars mobiles.
  • Sur voies rapides : choisis une “vitesse de croisière raisonnable” (par exemple 95–100 sur une portion à 90) et tiens-la. Les variations fréquentes sont le meilleur moyen de se faire choper sur le seul radar de la zone.
  • Téléphone : règle simple : si ça vibre dans la poche → tu ignores ou tu t’arrêtes. Le coup de fil ne vaut pas 3 points.
  • Inter-files : limite le différentiel de vitesse. Si les voitures sont à 30, tu es à 40–45, pas à 70. Tu réduis le risque d’accident et d’être verbalisé pour manœuvre dangereuse.
  • Suivi du capital : mets un rappel tous les 6 mois pour vérifier tes points sur Télépoints. Ça prend 3 minutes et ça te permet d’anticiper un stage, au lieu de découvrir à 0 point par une lettre recommandée.

En résumé : le barème de points est fait pour taper fort sur les comportements les plus dangereux… et ça tombe souvent sur nous, les deux-roues, parce qu’on a les machines qui vont vite, la mobilité en inter-files et, soyons honnêtes, parfois l’ego qui va avec.

Rouler propre, ce n’est pas juste éviter la prune : c’est garder ton permis, ta bécane, et ta liberté de bouger au quotidien. Et ça, pour un motard ou un scootériste, c’est presque aussi précieux que le plein réservoir.