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Vélos électriques : comment choisir la bonne autonomie en fonction de ses trajets urbains et périurbains

Vélos électriques : comment choisir la bonne autonomie en fonction de ses trajets urbains et périurbains

Vélos électriques : comment choisir la bonne autonomie en fonction de ses trajets urbains et périurbains

Un vélo électrique, c’est génial… jusqu’au jour où la batterie rend l’âme à 7 km de la maison, en faux plat montant, avec un sac de courses sur le porte-bagages. Là, on découvre la vraie définition du mot « lourd ».

Le problème, ce n’est pas la techno. C’est souvent qu’on a mal évalué l’autonomie dont on avait vraiment besoin. Entre les fiches techniques optimistes et la réalité des trajets urbains/périurbains, il y a parfois un fossé.

On va donc voir ensemble, de façon concrète, comment choisir la bonne autonomie pour vos trajets, sans payer une batterie surdimensionnée ni finir en mode « tracteur » à chaque fin de sortie.

Autonomie annoncée vs autonomie réelle : mettre les pieds dans le plat

Les fabricants annoncent souvent des autonomies type « jusqu’à 120 km ». En pratique, ça veut dire :

La réalité urbaine et périurbaine, c’est plutôt :

Résultat : l’autonomie réelle est souvent entre 50 et 70 % de l’autonomie marketing dans un usage « normal » avec une assistance confortable (niveau 2 ou 3 sur 5, parfois plus).

Pour faire simple : si la fiche annonce 100 km, partez plutôt sur 50–70 km utilisables sans vous priver.

Parler en Wh, pas en « km » de catalogue

Pour raisonner proprement, oubliez un peu les « km d’autonomie » et regardez l’énergie de la batterie, en Wh (Watt-heure). C’est aussi simple que :

Wh = Volts (V) × Ampères-heures (Ah)

Exemples concrets :

Ensuite, on ramène ça à une consommation moyenne en ville, en Wh/km. D’après les retours terrain que je constate (clients, proches, tests perso) :

Avec ça, vous pouvez calculer votre autonomie réaliste :

Autonomie ≈ Capacité batterie (Wh) ÷ Conso (Wh/km)

Exemple : batterie 500 Wh, consommation 12 Wh/km → environ 40 km « confort », pas 100 km comme sur la brochure.

Étape 1 : analyser VOS trajets, pas ceux du voisin

Avant de parler batterie, on liste les trajets réels. Pas les rêves de grands voyages, mais ce que vous ferez 90 % du temps.

À noter pour chaque trajet type :

Exemple typique de profil périurbain :

On partira sur ce type de cas pour les exemples, parce que c’est ce que je vois le plus souvent.

Étape 2 : choisir sa marge de sécurité (et ne pas jouer à la roulette russe)

Une batterie ne se vide pas à 100 %. En dessous de 10–15 %, le contrôleur coupe pour protéger les cellules. En plus, une fois sous 20 %, la tension baisse et l’assistance devient souvent moins nerveuse.

Mon conseil de vieux mécano :

Donc, une batterie de 500 Wh, c’est plutôt 400 Wh « sûrs » dans la vraie vie. Et sur ces 400 Wh, prévoyez 20 % de marge dans vos estimations d’autonomie.

Exemple chiffré :

Vous voyez vite qu’un AR de 24 km devient déjà limite avec une 500 Wh si :vous roulez toujours en assistance assez forte, vous avez un peu de dénivelé, vous pesez plus de 80 kg avec les affaires.

Les facteurs qui plient votre autonomie en deux

On va être clair : ce qui bouffe une batterie, ce n’est pas que la distance. C’est surtout ce qui suit :

À l’atelier, j’ai déjà vu deux vélos identiques, même trajet domicile-travail, mais 30 % d’écart d’autonomie juste à cause du poids, du mode utilisé et de la façon de rouler.

Quels besoins d’autonomie pour quels usages ?

On va parler cas concrets. Voici des ordres de grandeur réalistes pour un usage urbain/périurbain avec assistance confortable et un cycliste moyen (75–85 kg) :

Type d’usage AR quotidien Capacité conseillée Autonomie confortable
Purement urbain, centre-ville plat 10–15 km 400–500 Wh 30–35 km
Urbain + petite couronne, quelques côtes 20–25 km 500–630 Wh 35–50 km
Périurbain vallonné 25–35 km 630 Wh et plus 45–60 km
Usage cargo (enfant, courses lourdes) 15–30 km 630 Wh et plus 40–50 km

Retenez une idée simple : la bonne batterie, c’est celle qui couvre votre plus gros trajet quotidien avec 30 % de marge, sans recharge intermédiaire obligatoire.

Faut-il prévoir de pouvoir faire l’AR sans recharger ?

Question classique : « Je peux recharger au boulot, je prends plus petit ? »

Ça dépend vraiment de votre usage et de votre discipline :

Personnellement, je conseille de ne pas compter systématiquement sur la recharge au boulot pour « rentabiliser » une petite batterie. Les habitudes changent, on peut être en déplacement, en télétravail, ou avoir une sortie imprévue le soir.

Grande batterie = toujours mieux ? Pas si vite…

On peut être tenté de prendre « la plus grosse possible » pour être tranquille. Mais il y a des contreparties :

Inversement, une batterie trop petite a aussi ses emmerdes :

Le bon compromis, c’est d’avoir assez pour 2 jours d’AR en usage normal, sans descendre chaque soir sous les 20–30 %. Ça ménage la batterie et vos nerfs.

Autonomie et durée de vie de la batterie : le lien qu’on oublie

Plus votre batterie est grande, moins vous aurez besoin de la vider à fond à chaque cycle. Et ça, pour la durée de vie, c’est un vrai plus.

Une batterie lithium supporte un certain nombre de cycles complets (0 à 100 %). Mais en pratique :

On me demande souvent : « Combien de temps ça dure ? » Réaliste, en usage quotidien urbain ou périurbain :

Donc oui, une batterie un peu plus grande peut être un bon investissement à long terme, à condition que ça colle à votre budget et à votre usage.

Cas pratiques : trois profils, trois besoins

Pour fixer les idées, voici trois cas que j’ai croisés régulièrement.

1. Urbain tranquille, 8 km AR, ville plate

2. Périurbain mixte, 24 km AR avec quelques côtes

3. Vélo cargo pour enfant + courses, 18 km AR

Questions à se poser avant de signer chez le vélociste

Avant de valider un achat, je conseille toujours de faire ce petit check :

Un bon vélociste ne se contente pas de vous dire « oh oui, ça fera 80 km sans problème ». Il doit être capable de parler Wh, Wh/km, et adapter son conseil à votre profil.

Ce qu’il faut retenir pour ne pas se tromper d’autonomie

Pour résumer de manière pratique :

Un vélo électrique bien choisi sur l’autonomie, c’est moins de stress, moins de cycles violents pour la batterie, et un moyen de transport qui reste agréable à utiliser au quotidien. Et surtout, c’est éviter de finir en mode haltérophilie sur les derniers kilomètres parce qu’on a cru un peu trop naïvement aux promesses marketing.

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