Quelles sont les motos concernées par le contrôle technique en 202 impact pour les motards français

Quelles sont les motos concernées par le contrôle technique en 202 impact pour les motards français

Quelles motos sont concernées par le contrôle technique ?

On va aller droit au but : si votre machine a une plaque d’immatriculation et qu’elle roule sur route ouverte, il y a de fortes chances qu’elle finisse par passer au contrôle technique.

Le contrôle technique moto en France concerne principalement :

  • Les motos de plus de 125 cm³ (catégorie L3e) : roadsters, trails, sportives, customs, etc.
  • Les scooters de plus de 125 cm³ (L3e aussi) : Xmax, T-Max, Forza, Burgman, etc.
  • Les 3-roues type MP3, Metropolis, Tricity 300 (catégorie L5e) dès qu’ils sont immatriculés comme motos.
  • Les quads et SSV routiers (catégorie L7e) homologués pour la route.

Quelques cas particuliers :

  • Motos de collection : elles sont aussi concernées, mais il peut y avoir des aménagements selon les textes d’application (à vérifier au cas par cas).
  • Motos de compétition pure (cross, enduro, piste non immatriculées) : non concernées, puisqu’elles ne roulent pas sur route ouverte.
  • 50 cm³ et petites cylindrées : selon les dernières annonces, ils sont intégrés progressivement. Si votre 50 est immatriculé et roule sur route, prévoyez qu’il y passera tôt ou tard.

La logique est simple : si l’État peut vous flasher, il peut aussi vous imposer un contrôle technique.

À partir de quand votre moto doit passer au contrôle technique ?

Le calendrier a été pondu à la petite cuillère, et il bouge encore, mais l’idée générale est la suivante :

  • Les motos déjà en circulation devront passer un premier contrôle à une date dépendant de l’année de première mise en circulation, étalée sur plusieurs années (pour éviter l’embouteillage dans les centres).
  • Les motos neuves devront passer leur premier contrôle quelques années après la première immatriculation (comme les voitures).
  • En cas de vente : le contrôle technique deviendra obligatoire avant la cession, avec une validité limitée (quelques mois). Sans CT valide, pas de vente légale.

En clair : même si votre moto ne passe pas demain sur le banc, vous y aurez droit tôt ou tard, soit par l’âge de la machine, soit le jour où vous voudrez la vendre.

Quels points sont contrôlés sur une moto ?

On n’est pas sur un simple coup d’œil sur les pneus. Le contrôle technique moto vise principalement :

  • La sécurité : freins, direction, pneus, suspensions, cadre.
  • L’environnement : bruit et pollution (fumées, éventuels tests d’émissions).
  • La conformité : éclairage, plaques, rétroviseurs, équipements obligatoires.

En pratique, on peut s’attendre à un protocole du type :

  • Freinage : efficacité des freins avant/arrière, déséquilibre, fuites de liquide, durites craquelées.
  • Pneus : profondeur de sculpture, usure en facettes, hernies, flancs abîmés, pneus non homologués route.
  • Suspensions : fuites d’huile de fourche, amortisseur crevé, jeu anormal.
  • Direction : jeu dans la colonne, roulements fatigués, guidonnage éventuel.
  • Éclairage et signalisation : phares, feux stop, clignotants, catadioptres, couleur et puissance compatibles route.
  • Pollution et bruit : silencieux d’origine ou homologué, présence de chicane, absence de fuite à l’échappement, éventuels tests de fumées.
  • Fuites : huile moteur, liquide de refroidissement, carburant.
  • Châssis : cadre fissuré, supports de repose-pieds cassés ou bricolés, porte-plaque « tuning » douteux.

Tout ce qui est modification sauvage (échappement libre, phare LED non homologué, plaque minuscule, clignos invisibles) va devenir un vrai problème, pas seulement lors d’un contrôle routier.

Impact pour les motards : argent, temps, emmerdements

Parlons concret : combien ça coûte, et qu’est-ce que ça change pour vous ?

Combien va coûter un contrôle technique moto ?

Au moment où j’écris ces lignes, les tarifs exacts plafonds ont fait l’objet de discussions, mais la tendance observée dans les centres qui se positionnent est la suivante :

  • Ordre de prix : entre 50 et 80 € le contrôle, selon la région et le type de véhicule.
  • Contre-visite : en général payante, parfois moitié prix ou un tarif réduit, parfois offerte sur offres promotionnelles de lancement (ne rêvez pas, ça ne durera pas).

Pour une moto d’usage quotidien, on est donc sur un budget tous les X ans (selon la périodicité qui sera calée – type 3 à 5 ans) + les éventuelles réparations pour être conforme.

Pour remettre les choses en perspective, une paire de pneus + montage dépasse souvent les 250 €. Le vrai coût, ce ne sera pas les 60 € du CT, mais tout ce qu’il va révéler comme négligences.

Ce que le contrôle technique va changer dans votre entretien

Si vous entretenez déjà correctement votre moto, l’impact sera relativement limité. Mais si vous êtes du genre à rouler avec :

  • un pneu arrière carré comme un dé à jouer,
  • un disque avant bleui,
  • un amortisseur qui pompe plus qu’il n’amortit,
  • un feu stop capricieux,

le contrôle technique va vous forcer à remettre tout ça en ordre. Et honnêtement, pour votre peau, ce n’est pas plus mal.

Mon expérience d’atelier : dès qu’on devait faire passer une moto en expertise ou en contrôle (pour une assurance, une homologation, etc.), 9 fois sur 10 on découvrait un truc sérieux :

  • Roulements de direction marqués.
  • Kit chaîne à l’agonie.
  • Étriers grippés.
  • Clignos LED bricolés avec des dominos sous la selle.

La différence, c’est que demain, ce ne sera plus « facultatif ».

Les motards les plus pénalisés par le contrôle technique

Tout le monde est concerné, mais certains profils vont morfler un peu plus :

  • Les amateurs de gros échappements « racing » non homologués : si votre silencieux hurle plus fort que la tronçonneuse du voisin, prévoyez un pot conforme ou une chicane sérieuse. Sinon, ce sera recalage quasi assuré.
  • Les motos très modifiées : café racer maison, bras oscillant modifié, phare minuscule, compteur supprimé ou déplacé… plus il y a de modifs, plus le risque de refus augmente.
  • Les rouleurs occasionnels : ceux qui sortent la moto 3 week-ends par an et ne font jamais l’entretien. La rouille, les pneus craquelés, les durites sèches, ça sortira au grand jour.
  • Les vendeurs de poubelles maquillées : les machines maquillées à la bombe avec pneus rincés, vidange jamais faite et fuites camouflées au nettoyant frein, ce sera fini (ou plus compliqué à écouler).

En revanche, les motards qui entretiennent sérieusement leurs machines devraient passer le contrôle sans trop de mauvaises surprises, à part éventuellement un réglage de phare ou une ampoule HS.

Ce que ça change pour la revente d’une moto

C’est probablement là que ça va se sentir le plus au quotidien.

  • Contrôle technique obligatoire pour vendre : comme pour une voiture, il faudra un CT valide (de moins de quelques mois) pour faire la cession.
  • Les épaves vont perdre de la valeur : une moto avec des travaux lourds (freinage, suspensions, cadre) sera plus difficile à faire passer en douce.
  • Les bons entretiens seront mieux valorisés : un acheteur pourra exiger un CT propre et recentré, ça donnera de la force aux arguments « carnet à jour, entretien sérieux ».

Côté acheteur, ce n’est pas une mauvaise nouvelle : moins de mauvaises surprises une fois la carte grise à votre nom.

Comment préparer sa moto pour limiter les problèmes au contrôle

Objectif : ne pas payer une contre-visite pour un détail qu’on aurait pu régler dans son garage. Voilà une check-list simple avant d’aller au centre.

Freinage :

  • Regardez l’épaisseur des plaquettes (au moins 1 à 2 mm de garniture visible).
  • Vérifiez qu’il n’y a pas de fuite de liquide autour des étriers ou des maîtres-cylindres.
  • Si votre levier s’enfonce « jusqu’à la poignée », purge à prévoir.

Pneus :

  • Vérifiez qu’il reste des sculptures (témoins d’usure non atteints).
  • Pas de hernie, pas de coupure profonde, pas de craquelures partout.
  • Pressions correctes (ce n’est pas un critère de refus, mais ça évite de se faire remarquer).

Éclairage et électricité :

  • Tout doit fonctionner : codes, phares, veilleuses, clignotants, feux stop (levier et pédale).
  • Pas d’ampoule tuning bleu/violet non homologuée.
  • Rétroviseurs présents et fonctionnels (au moins un, idéalement deux).

Échappement :

  • Si vous avez un pot d’origine, gardez-le au chaud. Il peut sauver un CT.
  • Si pot adaptable : qu’il soit homologué, avec chicane en place.
  • Aucune fuite à la jonction des éléments.

Châssis et fuites :

  • Pas de fuite massive d’huile ou de liquide de refroidissement.
  • Fourche : si les tubes sont gras, les joints sont à faire.
  • Porte-plaque : solide, angle raisonnable, éclairage de plaque fonctionnel.

En atelier, on préparait déjà certaines motos de clients « maniaques » pour des contrôles étrangers (Allemagne, Suisse, etc.). Une fois les fuites et les freins réglés, 90 % des motos passaient sans souci. La plupart des refus venaient des échappements trop bruyants et de l’éclairage bricolé.

Les idées reçues sur le contrôle technique moto

On entend tout et n’importe quoi sur le sujet. Quelques points à remettre au clair :

  • « Ils vont interdire toutes les vieilles motos » : non. Une moto ancienne mais saine, bien freinée, sans fuite et pas délirante niveau bruit, pourra rouler. Ce n’est pas une loi anti-25 ans, c’est une loi anti-épaves.
  • « On ne pourra plus rien modifier » : faux. On pourra toujours modifier, mais il faudra rester dans le raisonnable et l’homologué. Un guidon différent ou des leviers adaptables, ça ne posera pas problème tant que la sécurité et la conformité globale sont respectées.
  • « Ils vont mesurer la puissance et interdire les motos débridées » : techniquement compliqué. Pour l’instant, ce n’est pas le cœur du dispositif. En revanche, si la moto donne l’impression d’être un proto de dragster, attendez-vous à des questions.

Mon avis de mécano et motard sur ce contrôle technique

Je ne vais pas vous dire que je suis fan du principe de payer un contrôle de plus. Personne n’aime ça. Mais après des années à mettre les mains dans des motos qui n’auraient jamais dû rouler dans l’état où elles arrivaient à l’atelier, je dois reconnaître trois choses :

  • Il y a des motos objectivement dangereuses sur la route, par négligence pure.
  • Les jeunes permis ou les novices n’ont pas toujours les réflexes pour repérer un pneu mort ou un amortisseur HS.
  • Les vendeurs peu scrupuleux ne vont pas pleurer si on leur complique un peu la vie.

Pour ceux qui entretiennent leur bécane, qui surveillent leurs pneus, qui ne roulent pas avec des disques voilés et une fourche qui pisse, le contrôle technique sera surtout :

  • un peu d’argent et de temps perdu,
  • un coup d’œil extérieur tous les X ans,
  • une petite pression pour garder la moto au carré.

Pour les autres, il va falloir changer d’habitudes. Mais au final, entre un CT tous les quelques années et des gamelles évitées à cause de freins pourris ou de pneus rincés, le calcul n’est pas si absurde.

En attendant, le meilleur moyen de « gagner » le contrôle technique, c’est de le devancer : entretenez votre moto comme si vous alliez partir demain pour 1000 km d’autoroute sous la pluie. Si elle est prête pour ça, elle sera prête pour le contrôleur.