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L’assurance au tiers : quels avantages et inconvénients pour les conducteurs de motos et scooters

L'assurance au tiers : quels avantages et inconvénients pour les conducteurs de motos et scooters

L'assurance au tiers : quels avantages et inconvénients pour les conducteurs de motos et scooters

Assurance au tiers, tous risques, intermédiaire… Quand on roule en moto ou en scooter, on finit vite avec la tête comme un piston à essayer de démêler tout ça. Et comme les primes ne cessent de grimper, beaucoup se tournent vers l’assurance au tiers pour faire baisser la facture.

Sauf qu’un contrat d’assurance, ce n’est pas juste « le moins cher = le mieux ». J’ai vu des motards économiser 120 € par an… pour en perdre 4 000 € derrière après une glissade « toute bête ». L’objectif, ce n’est pas d’avoir la prime la plus basse, c’est d’avoir la bonne couverture pour votre utilisation réelle.

On va donc regarder ensemble ce que vaut vraiment l’assurance au tiers pour les conducteurs de motos et scooters : avantages, limites, pièges à éviter, et dans quels cas c’est une bonne idée… ou pas.

C’est quoi, exactement, une assurance moto/scooter au tiers ?

L’assurance au tiers, c’est le minimum légal obligatoire : la responsabilité civile. En gros, elle sert à indemniser les autres quand c’est vous qui êtes en tort.

Ce que couvre l’assurance au tiers de base :

Ce que ça ne couvre pas en général :

Ensuite, chaque assureur ajoute plus ou moins de garanties autour de ce noyau : protection juridique, assistance, garantie du conducteur, équipements, etc. Mais la base, au tiers, ça reste : vous payez pour les autres, pas pour vous.

Les vrais avantages de l’assurance au tiers pour moto et scooter

Pourquoi l’assurance au tiers attire autant en deux-roues ? Parce qu’elle coche plusieurs cases intéressantes, surtout si on roule sur un véhicule qui ne vaut pas un bras.

1. Le prix, évidemment

Sur une moto ou un scooter, la différence de prix entre un contrat au tiers et un tous risques peut être très nette. Pour vous donner un ordre de grandeur (observé sur des devis réels) :

On parle régulièrement de 200 à 500 € d’écart par an. Sur 3 ou 4 ans, ça commence à faire de bons pneus, un bon casque ou quelques vidanges chez un pro.

2. Idéal pour les véhicules à faible valeur

Rouler tous risques avec un scooter qui vaut 800 € à la revente, ça n’a pas toujours beaucoup de sens. Si votre monture vaut moins de 1 500 € et qu’elle a déjà bien vécu, payer cher pour la couvrir intégralement n’est pas forcément rationnel.

Dans ce cas, le tiers permet :

Perso, je roule au tiers sur mon vieux scoot de ville qui dort dehors, qui a déjà pris quelques rayures, et qui ne vaut plus grand-chose. Si je le couche à faible vitesse, ça me fera mal au cœur, mais pas au portefeuille comme pour un modèle neuf.

3. Une formule plus simple à lire et à comparer

Les contrats tous risques, c’est souvent une usine à gaz : franchise, vétusté, plafond, options à gogo. Le tiers est plus simple, ce qui permet de comparer plus facilement :

On compare en quelques points, au lieu de lire 20 pages de conditions générales pour savoir si on sera couvert en cas de grêle un mardi entre 7h et 9h.

4. Intéressant pour certains profils de roulage

L’assurance au tiers peut se défendre pour :

À condition d’avoir bien conscience de ce qui n’est pas couvert, on peut s’en sortir avec une facture annuelle raisonnable.

Les inconvénients (parfois très chers) du tiers

C’est là que beaucoup se plantent : économiser 200 € par an, c’est bien. Se retrouver à 0 après une chute sur une moto à 8 000 €, ça pique un peu plus.

1. Aucun remboursement de votre moto/scooter en cas d’accident responsable

Vous ratez un freinage, vous glissez sur une route grasse, vous vous loupez dans un rond-point à cause des gravillons. Résultat : carénages explosés, guidon tordu, fourche à vérifier. Montant des dégâts : 3 000 à 4 000 € facile sur un scooter ou une moto récente.

En assurance au tiers classique :

J’ai vu un jeune permis passer du tous risques au tiers sur sa moto quasi neuve pour « économiser 300 € ». Trois mois après : glissade sur chaussée mouillée, pas de blessés, mais 4 500 € de dégâts. Moto réparable, mais il n’avait pas les moyens. Perte sèche.

2. Vol, vandalisme, incendie : souvent zéro prise en charge

Si votre moto ou scooter :

En tiers simple, c’est pour votre pomme. Certains contrats proposent un « tiers + vol/incendie », ce qui est un bon compromis, mais il faut le vérifier noir sur blanc, pas se contenter du discours du commercial.

À partir du moment où :

partir sur un tiers sans vol devient vite un pari risqué.

3. La garantie du conducteur parfois inexistante ou ridicule

Beaucoup de contrats au tiers de base couvrent très bien… les autres. Pour vous, conducteur, c’est autre chose. Sans option spécifique « garantie du conducteur », les indemnisations en cas de blessure peuvent être :

En deux-roues, ce n’est pas un détail. Un bras en vrac, quelques opérations, une longue rééduc’… financièrement, ça peut vous suivre longtemps. Là-dessus, je recommande rarement de faire des économies agressives.

4. Des options parfois plus chères à l’unité

Certains assureurs gonflent un peu les prix des options sur les contrats au tiers :

On se retrouve parfois avec un tiers « packé » qui approche dangereusement le prix d’un tous risques light… mais avec beaucoup moins de choses couvertes pour la moto elle-même.

Dans quels cas le tiers est une bonne idée ?

Au lieu de parler en théorie, prenons des cas concrets que je vois régulièrement.

Cas 1 : Scooter 50 ou 125 ancien, urbain, qui dort dehors

Valeur du scoot : 600–1 200 €. Utilisation : petits trajets, boulot, courses. Déjà rayé de partout.

Le vol ? À ce niveau de valeur, c’est un pari : si la prime vol + franchise + vétusté mangent la moitié du prix du scoot sur 2 ans, ce n’est pas toujours pertinent.

Cas 2 : Moto A2 récente (roadster 300–700 cm³), valeur 4 000–8 000 €

Pour un jeune permis moto, les risques d’erreur sont plus élevés. Un freinage raté, une trajectoire approximative, c’est classique.

Cas 3 : Vieille moto loisir du week-end, garée en garage, faible valeur

Un vieux trail, un roadster des années 90, un truc attachant mais pas côté.

Cas 4 : Maxiscooter neuf ou quasi neuf pour trajet domicile-travail

Utilisation quotidienne, trajet souvent en circulation dense, machine qui vaut cher, beaucoup de plastique, parfois des accessoires onéreux (top-case, bulle, poignées chauffantes…).

Honnêtement, sur ce type de profil, le tiers simple est un mauvais calcul. Une simple glissade à 30 km/h sur le mouillé peut coûter un mois de salaire en plastiques et pièces.

Les points à vérifier absolument sur un contrat au tiers

Si vous partez sur une formule au tiers, autant le faire proprement. Voici la check-list minimale à passer en revue :

Vous pouvez accepter d’être léger sur certains points (équipements, accessoires) si le budget est serré, mais je déconseille de rogner sur la garantie conducteur et un minimum d’assistance.

Comment décider objectivement : tiers ou pas tiers ?

Au lieu de choisir au feeling, posez-vous ces questions très basiques :

Si vous répondez « non » à la dernière question, le tiers simple n’est probablement pas l’option la plus raisonnable pour vous, surtout si votre deux-roues est récent.

Réduire sa prime sans se tirer une balle dans le pied

On peut vouloir payer moins sans forcément tout basculer au tiers. Quelques pistes concrètes :

Économiser 70 € par an en réduisant une option dont vous n’avez pas l’usage, c’est malin. Balancer tous les risques pour économiser 200 € alors que votre moto vaut 9 000 €, c’est plus discutable.

En résumé : quand l’assurance au tiers tient la route… et quand elle dérape

Pour les motos et scooters, l’assurance au tiers peut être un excellent outil dans certains cas :

Mais pour :

basculer sur un tiers simple, c’est un peu comme rouler en t-shirt en plein hiver : ça peut marcher quelques jours… jusqu’au moment où ça fait très mal.

Mon approche, après des années entre atelier, essais et discussions avec des assureurs, c’est simple :

Le bon contrat, ce n’est pas celui que le commercial pousse, ni celui qui est 50 € moins cher que le voisin : c’est celui qui vous permet de dormir tranquille en sachant précisément ce qui se passe si, demain, vous finissez au sol ou si vous retrouvez votre emplacement… vide.

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