Dashcam moto : pourquoi équiper sa machine et comment bien choisir son modèle

Dashcam moto : pourquoi équiper sa machine et comment bien choisir son modèle

Pourquoi installer une dashcam sur sa moto ?

En voiture, ça fait déjà quelques années que la dashcam est rentrée dans les habitudes. En moto, on est encore en retard… alors que c’est probablement nous qui en avons le plus besoin.

Une dashcam moto sert à trois choses principales :

  • Prouver ce qu’il s’est passé en cas d’accident
  • Se protéger des faux témoignages ou des conducteurs de mauvaise foi
  • Analyser sa conduite et ses trajets (et accessoirement garder de beaux souvenirs de balade)

Sur le terrain, je vois toujours la même scène : un motard se fait couper la route, chute, et derrière c’est la bataille avec l’assurance. Sans images, c’est souvent parole contre parole. Avec une dashcam, la discussion est vite réglée : on voit la vitesse, la trajectoire, la priorité, l’état du feu, etc.

Autre point que beaucoup sous-estiment : l’effet dissuasif. Quand l’install est visible (caméra avant par exemple), certains automobilistes réfléchissent un peu plus avant de vous coller au pare-choc ou de faire une manœuvre douteuse. Ça ne remplace pas un bon instinct de survie, mais ça aide.

Enfin, pour les rouleurs au quotidien (trajet boulot, livraisons, interfile), la dashcam devient vite un témoin silencieux qui tourne en permanence. Vous n’y pensez plus… jusqu’au jour où vous en avez besoin.

Dashcam moto vs action cam : ne pas confondre

Beaucoup se disent : « J’ai déjà une GoPro, ça suffit ». Pas tout à fait.

Une action cam (GoPro, DJI, Insta360…) est pensée pour filmer une session ponctuelle :

  • Autonomie limitée
  • Besoin d’appuyer sur un bouton
  • Pas forcément étanche sans caisson
  • Risque de vol si laissée sur le casque ou la moto

Une dashcam moto dédiée, elle, est conçue pour tourner en permanence :

  • Alimentation branchée sur la moto (ou sur le contact)
  • Enregistrement en boucle (écrase les anciens fichiers)
  • Déclenchement automatique à la mise du contact
  • Fixation plus discrète, souvent semi-fixe
  • Souvent double caméra : avant + arrière

Si votre objectif principal est la preuve en cas de carton, une vraie dashcam moto est plus adaptée qu’une action cam qu’il faut penser à allumer, recharger, retirer, etc. L’action cam reste idéale pour filmer une session piste ou une balade entre potes, mais pas comme « boîte noire » au quotidien.

Caméra simple ou double : laquelle choisir ?

Sur le marché moto, on trouve trois grandes familles de dashcams :

  • Caméra simple, type guidon/cadre : une seule optique, généralement orientée vers l’avant.
  • Kit double canal : une caméra avant + une caméra arrière, reliées à un module central.
  • Caméra de casque avec enregistrement en boucle : hybride entre action cam et dashcam.

Mon retour d’expérience :

Caméra simple avant : c’est mieux que rien, et souvent suffisant pour les refus de priorité, les chocs frontaux, un véhicule qui vous coupe la route, etc. Installation plus simple, moins de câbles.

Double caméra (avant + arrière) : c’est ce que je recommande pour un usage quotidien. On couvre :

  • Les voitures qui vous percutent à l’arrière au feu rouge
  • Les queues de poisson
  • Les dépassements dangereux
  • Les comportements agressifs derrière vous

Caméra de casque : pratique si vous changez souvent de moto ou si vous ne voulez rien installer sur la machine. Inconvénients : vous devez penser à recharger, à déclencher l’enregistrement, et en cas de choc, la caméra peut voler plus loin que vous ou être endommagée.

Pour un usage sérieux, un kit double canal fixe sur la moto reste la solution la plus cohérente, même si c’est un peu plus long à installer.

Les critères importants pour bien choisir sa dashcam moto

On va aller au concret. Plutôt que de regarder uniquement la fiche marketing, je te conseille de te concentrer sur ces points précis.

Qualité d’image : pas que des pixels

On ne choisit pas une dashcam moto pour faire du cinéma, mais pour voir clairement ce qu’il se passe, jour et nuit.

  • Résolution : 1080p (Full HD) est le minimum. 2K ou 4K à l’avant, c’est un vrai plus pour lire les plaques.
  • Fps (images par seconde) : 30 fps suffisent, 60 fps apportent plus de fluidité dans les scènes rapides (interfile, dépassements).
  • Qualité de nuit : capteur correct + bon traitement logiciel. C’est souvent là que les modèles bas de gamme s’écroulent.
  • Angle de vue : entre 120° et 150°. Au-delà, ça déforme trop et rend les distances difficiles à apprécier.

Ne te laisse pas avoir par les chiffres délirants du style « 4K 120 fps » sur un modèle à 80 €. En pratique, c’est souvent du 1080p upscalé et une compression agressive qui fait perdre les détails des plaques.

Étanchéité et robustesse : priorité moto

Une dashcam auto peut vivre toute sa vie derrière un pare-brise. Sur une moto, c’est autre chose : pluie, vibrations, chocs, lavages haute pression…

  • Indice IP : vise au moins IP65 pour les caméras externes. Idéalement IP67 (résistance à l’immersion temporaire).
  • Température de fonctionnement : utile si tu roules l’hiver ou si ta moto dort dehors en été.
  • Câbles et connecteurs : c’est souvent le point faible. Gaine épaisse, connecteurs vissants ou bien clipsés, joints toriques.

Si un modèle te semble fragile rien qu’en main, imagine-le après un an de pluie, de sel de route et de soleil…

Alimentation et enregistrement en boucle

Une bonne dashcam moto doit être autonome dans sa gestion. Tu mets le contact, ça enregistre. Tu coupes le contact, ça s’arrête proprement.

  • Branchement sur + après contact : idéal pour ne pas vider la batterie de la moto.
  • Boîtier avec protection basse tension : certains modèles coupent automatiquement si la tension batterie descend trop.
  • Enregistrement en boucle : quand la carte est pleine, les vieux fichiers sont écrasés, sauf ceux « protégés » (généralement après un choc).
  • Fonction G-sensor : détecte un impact et verrouille la séquence en cours pour ne pas qu’elle soit écrasée.

En pratique, une carte de 128 Go te donne déjà plusieurs heures d’enregistrement simultané avant/arrière. Pour un usage quotidien, c’est largement suffisant.

Stockage : carte microSD, mais pas n’importe laquelle

Beaucoup de pannes « bizarres » (plantages, fichiers corrompus) viennent d’une chose simple : une carte mémoire inadaptée.

  • Prends une carte microSD de marque (Samsung, SanDisk, Kingston…)
  • Vise une carte adaptée à la vidéo en enregistrement continu (gammes « Endurance » ou équivalent)
  • Capacité recommandée : 64 à 256 Go selon ta fréquence de roulage
  • Formate-la directement depuis la dashcam quand c’est possible

Oui, une carte Endurance coûte quelques euros de plus, mais c’est ce qui évite que le seul jour où tu as un gros carton, la vidéo soit illisible…

Ergonomie et connectivité : ne pas se compliquer la vie

On ne passe pas nos soirées à jouer avec l’interface d’une dashcam moto. Mais certains détails changent la vie :

  • Application smartphone : pratique pour cadrer les caméras, récupérer une vidéo sans démonter la selle.
  • Petit bouton discret au guidon : pour marquer un événement (enchaîne une séquence protégée) sans lâcher la route des yeux.
  • LED ou bip d’état : il faut savoir en un coup d’œil si ça enregistre ou pas.
  • Câbles suffisamment longs : en particulier pour les motos longues, gros trails, etc.

Évite les systèmes qui demandent de sortir systématiquement la carte microSD pour chaque extraction de vidéo. À force, tu finis par ne plus t’en servir…

En France : ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas

Bonne nouvelle : avoir une dashcam moto en France est légal, et les images peuvent être utilisées comme preuve, sous certaines conditions.

À retenir :

  • Tu peux filmer l’espace public (routes, circulation) sans déclaration particulière.
  • Les images sont considérées comme usage privé tant que tu ne les diffuses pas.
  • Pour une diffusion publique (YouTube, réseaux), il faut anonymiser les plaques et visages, en théorie.
  • Les forces de l’ordre et les assurances peuvent te demander les vidéos. Tu as le droit de refuser, mais ça peut évidemment jouer dans l’évaluation du dossier.

Ce qui est important, c’est la cohérence : si tu sors une vidéo uniquement quand elle t’arrange, et qu’on découvre que tu en as effacé d’autres, ça peut se retourner contre toi. L’intérêt de la dashcam, c’est justement d’avoir un enregistrement continu, neutre.

Exemples de configurations selon ton budget

Sans faire de pub pour une marque en particulier, voilà le type de setup que je conseille souvent, en fonction du profil.

Petit budget / utilitaire

  • Kit double caméra 1080p avant/arrière
  • Enregistrement en boucle, G-sensor
  • Étanchéité correcte, sans appli compliquée
  • Carte microSD 64 Go Endurance

Usage : trajets boulot, scooter/moto 125, environnement urbain. L’objectif est de couverture maximale pour pas trop cher.

Budget moyen / gros rouleur

  • Caméra avant en 2K ou 4K, arrière en 1080p
  • Module central protégé, bouton au guidon
  • Application smartphone stable, Wi-Fi intégré
  • Carte microSD 128–256 Go Endurance

Usage : trajets quotidiens + balades, interfile régulier, autoroute. Compromis idéal entre qualité d’image et fiabilité.

Budget confort / moto chère

  • Dashcam de marque reconnue, double canal, 2K/4K
  • Très bonne étanchéité, câbles renforcés
  • Fonctions avancées : GPS intégré, horodatage, éventuelle télémétrie
  • Intégration propre dans la moto (caches, fixation discrète)

Usage : gros rouleur, moto haut de gamme, trajet mixte ville/autoroute, voyages. Là, on cherche un système que tu installes une fois et que tu oublies.

Installation : les grandes étapes sans se faire peur

Installer une dashcam moto n’est pas compliqué, mais ça demande de la méthode. Voici une trame simple :

  • Planifier l’emplacement des caméras : avant (souvent sous le phare, sur le support de bulle, ou sur le té de fourche), arrière (proche du feu, sur un support de plaque ou sous la selle).
  • Placer le module central : sous la selle, dans un carénage, dans un emplacement batterie. Il doit être protégé de la pluie et des vibrations fortes.
  • Prévoir le chemin des câbles : toujours loin des pièces mobiles (direction, suspension), des sources de chaleur (collecteur, moteur), et des arêtes vives.
  • Fixer les caméras : supports vissés de préférence. L’adhésif seul vieillit mal avec la chaleur et l’humidité.
  • Raccorder l’alimentation : idéalement via un faisceau additionnel ou un boîtier de distribution, sur un + après contact (pas directement sur la batterie si possible).
  • Tester le cadrage : avant de tout remonter, vérifier l’angle via l’appli ou en faisant un essai rapide.
  • Protéger les câbles : gaine, colliers, ruban tissu auto/moto. Un câble qui frotte finira par se couper.

Si tu n’es pas à l’aise avec l’électricité, un électricien moto ou un bon atelier pourra te faire le branchement proprement. Le plus long n’est pas le branchage, c’est de passer les câbles correctement.

Les erreurs fréquentes à éviter

  • Fixer la caméra sur une pièce trop vibrante : rétro, pare-brise très souple, support GPS bas de gamme. Résultat : image floue, inutilisable.
  • Câble tendu comme une corde : au premier braquage de guidon à fond, ça tire dessus et ça finit par se débrancher.
  • Caméra trop exposée : devant le radiateur, collée au pneu arrière, ou juste derrière la roue avant (toutes les projections plein dedans).
  • Oublier de formater la carte : certaines dashcams deviennent instables si la carte n’est jamais formatée.
  • Ne jamais vérifier que ça enregistre : faire un check de temps en temps (une fois par mois) pour être sûr que tout fonctionne encore.

Dashcam moto : pour qui c’est vraiment utile ?

Soyons honnêtes : celui qui sort sa moto deux dimanches par an par grand soleil aura peut-être du mal à amortir l’investissement.

En revanche, pour :

  • Les navetteurs (boulot-maison en moto ou scooter)
  • Les coursiers et livreurs
  • Les motards urbains qui roulent tous les jours en ville/interfile
  • Ceux qui font beaucoup d’autoroute

… la dashcam devient une forme d’assurance complémentaire. Le jour où tu as un gros carton, tu seras content d’avoir des images claires plutôt que de compter sur la mémoire approximative des témoins.

Et même si, espérons-le, tu n’as jamais d’accident, tu peux t’en servir pour analyser ta conduite : trajectoires hasardeuses, placements en interfile, distances de sécurité. C’est toujours instructif de se voir de l’extérieur, même au guidon.

En résumé : ce qu’il faut garder en tête avant d’acheter

  • Une dashcam moto n’est pas un gadget : c’est un témoin silencieux qui peut régler une affaire en quelques secondes.
  • Préférence nette pour les kits double caméra fixes si tu roules régulièrement.
  • Ne sacrifie pas la fiabilité et l’étanchéité pour gagner 20 € à l’achat.
  • Investis dans une bonne carte microSD Endurance, au moins 64 Go.
  • Pense ton passage de câbles avant de démonter toute la moto.
  • Vérifie une fois par mois que tout enregistre, et formate la carte de temps en temps.

Une fois bien installée, une dashcam moto, c’est comme un bon équipement de protection : tu espères ne jamais en avoir vraiment besoin… mais le jour où ça part de travers, tu es très content de l’avoir.